« L’art récolte la beauté d’Aphrodite, le rythme d’Apollon, l’équilibre de Pallas, et doit à Dionysos le mouvement et la vie » est la citation écrite sur la co iche de l’opéra, au dessus des quatre reliefs allégoriques représentant Aphrodite, Apollon, Pallas et Dyonisos. C’est cette citation que notre guide, Monsieur Guillaume Schmitt, nous a donné à méditer à l’ouverture de notre visite.
Nous avons observé avec attention la belle façade de style classique avec ses six colonnes ioniques harmonieuses et imposantes et nous l’avons pour certains dessinée. Puis nous avons écouté cérémonieusement l’histoire de cet Opéra municipal, inauguré en 1787 par les architectes Bénard et Ebard, en partie dévasté par un incendie en 1919, puis restauré par Gaston Castel en style art-déco. Depuis 1997, ce véritable bijou architectural est inscrit au registre des monuments historiques.
A l’intérieur, que de surprises ! Dans le hall d’entrée, là où nous récupérons à présent nos billets, se trouvent trois boites à sel, utilisées auparavant pour stocker les sels d’ammoniaque pour réveiller les femmes qui s’évanouissaient ! Cela est bien étonnant et nous surprend. Nous trouvons superbe la mosaïque vénitienne du sol, qui rappelle la ville de Marseille et plus généralement la Méditerranée. L’architecture de la salle est très art déco. Deux statues représentent la Tragédie ou la Comédie. Deux escaliers en pierre blanche de Cassis conduisent aux étages supérieurs. Nous apprenons que l’on ne dit pas l’escalier de gauche ou l’escalier de droite, vilain terme réservé aux profanes en survêtements que critique notre guide ! Monsieur Schmitt nous initie aux mystères et aux rituels de l’Opéra : nous allons nous asseoir « côté Cour » ou « côté Jardin », et bien habillés car nous sommes à l’Opéra !
Nous visitons l’intérieur de cet immense opéra qui mesure 4900 mètres carré, s’élève sur sept niveaux et peut accueillir 1781 personnes. Nous découvrons une baignoire très particulière ! Celle de Monsieur le Maire. Nous espérons être invités un jour pour profiter de cette vue magnifique ! En attendant, notre guide nous installe au premier balcon, où nous avons la chance d’être confortablement installés et d’assister à la répétition d’un opéra comique d’Offenbach. Nous ne pouvons pas visiter le parterre mais nous nous rendons au Paradis ! Que c’est drôle, et quelle vue vertigineuse ! Tandis que certains d’entre nous rêvent et contemplent l’opéra, d’autres s’agitent que les marches de ce poulailler qui a connu tant d’applaudissements et de sifflements aussi.
Notre guide nous apprend que l’opéra fait vivre près de 320 employés qui travaillent dans trois secteurs différents : artistique (chanteurs et musiciens de l’orchestre), technique (machinistes, décorateurs, accessoiristes, couturiers …) et administratif. La saison de l’opéra est ouverte de septembre à juin. Les répétitions commencent un mois avant la représentation. Il y a 1791 places, à des tarifs variés mais toujours très raisonnables. Nous sommes même devenus incollables en termes d’ouverture de rideaux ! Si le rideau s’ouvre à la française ou à l’italienne, l’œuvre ne sera pas la même !
Nous avons appris des choses étonnantes : si l’on est chanteur, il vaut mieux recevoir des roses que des œillets si l’on veut voir son contrat d’artiste renouvelé et l’on ne se costume ni de vert ni de violet !
Mais ce qui a le plus fait rire certains d’entre nous, ce sont les mots d’usage à adresser aux artistes : fini le « bonne chance » et vive l’interjection« toï, toï, toï » ! Et nous n’écrirons pas ici, car nous sommes polis, quel mot a remplacé « merci » ! qui porterait malheur aux artistes…
Mais nous remercions de tout cœur notre guide Monsieur Guillaume Schmitt, Responsable du service des Relations extérieures et de l’Action culturelle, ainsi que les deux parents accompagnateurs.
Nathalie Chadeuil et Jérémy Cadière, à partir des écrits des élèves.




